Pour la première fois, je me suis engueulée avec mon père, je suis partie en claquant la porte, et j'ai fait alors une virée avec des copines de l'unif. T.D., cafés et autres endroits de saouleriez.
Le lendemain, je suis rentrée chez moi, une ambulance était devant la porte, engloutissant mon père. Un des infirmiers qui était là me connaissait, il m'expliqua une histoire de suicide, une histoire de vieux qui n'était pas encore passé de mode. Je suis rentrée dans l'appartement, il était rangé, ce qui était assez rare de la part de mon père, avec, comme exception, un mot sur la table, qui traînait pseudo-négligeamment.
Tu es adulte maintenant,
vis ta vie.
La mienne est passée.
Martin.
Le con.
Je suis ressortie, j'ai été rejoindre une amie, son mec était là, j'ai vidé ce que j'avais sur le coeur.
Ils comprenaient, ils ont osé dire qu'ils comprenaient, ils comprenaient du plus profond de leur être, ils comprenaient son attitude, son suicide. Ils étaient donc aussi dégénéré que mon père.
Je ne veux pas vivre dans ce monde de fou, je préférerais me flinguer.
Il faut donc croire que je suis déjà contaminée.