à Anne-Françoise
Imaginons que je revienne d'un pays ou d'une idée. Que de là-bas, je ramène un enfant. Un enfant ayant pour des raisons quelconques perdu ses parents. Il est donc orphelin. Et moi, moi je décide de l'adopter, histoire qu'il ne soit pas trop seul sa vie durant, et puis aussi parce que j'aimerais bien avoir un enfant. Pas un de moi, il y en a tellement sur terre.
Je me retrouve donc avec un enfant, c'est le cas de le dire, sur le bras. Au sens strict, ça va; mais au sens large ? N'ayant pas assez d'argent, j'irais travailler; il se retrouverait dès le départ dans une crèche à la place d'un camp de réfugié. Bon début pour sa vie ! Mais le plus dur, c'est que toutes mes soirées seraient sans doute prise, ou presque. Fini la liberté, ma liberté de faire ce que je veux au moment où je le veux.
Alors je ne reviens pas avec un enfant.
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Et un enfant, là-bas dans le SUD, meurt en silence, pendant qu'un homme, ici dans le nord, jouit de sa liberté,
et tape à la machine.