Le projet Manhattan, fut sans doute un des plus secrets qu'il fut au monde, nombre de civils furent considéré comme militaire pour devoir subir les lois du secret militaire en temps de guerre. Le secret gardé, l'argent déversé en quantité, permirent aux scientifiques de terminer leurs bombes atomiques, la première bombe atomique avant la fin de la guerre, et les deux suivantes pour l'écourter.
Le projet Manhattan II fut légèrement différent.
Ce n'était plus une guerre inter-humaine qu'il fallait combattre, mais une guerre intra-humaine. Ce n'était plus des hommes qu'il fallait détruire, mais des micro-organismes, des micro-organismes qui avaient pour nom générique SIDA.
Ce fut, excepté et sur un tout autre plan l'ONU, ce fut donc la première alliance mondiale contre quelque chose. Ce n'était plus la lutte des classes, la lutte contre la faim dans le monde, c'était la lutte contre la mort des humains du nord, des noirs, des roux, des nihilistes, des ceci ou des cela; car le virus, si s'en était un, progressait.
Le plus grand centre scientifique du monde fut créé. Deux cent mille habitants devaient y vivre plus ou moins enfermé. Ce n'était pas que l'on craignent que le virus ou d'autres variétés ne quittent le laboratoire-ville, mais tout état d'avancement de la maladie et des recherches devaient être gardé secret, le reste de la population devant avoir une confiance fataliste dans ces recherches.
Scientifiques, mais aussi maçons, plombiers, prostituées entraient dans cette ville pour ne plus en ressortir avant la fin du projet, ou à la rigueur, sur demande, les pieds devant. Les journalistes téméraires qui y entrèrent n'en ressortirent même pas. Le mur de Chine et de Berlin ne faisaient que pâle figure devant les moyens d'encerclement de cette nouvelle ville.
Vingt ans plus tard, le pavillon de la quarantaine était complètement abaissé, contrairement à celui du chiffre de la population mondiale qui ne l'était que de moitié. Le virus, car c'en était un, n'avait pas disparu, mais avait été réduit au problème insurmontable du rhume. L'humanité put dormir tranquille une dizaine d'années, mal lui en pris.
Le FERA, semblable au SIDA des temps passés, progressa alors rapidement. Contrairement au SIDA qui s'était, pour sa progression, basé sur l'amour, fut-il physique, le FERA se basait sur la haine.
L'humanité n'y survit pas.