Au début, son existence était noyée dans la masse de tout ce qui grouillait autour de moi, mais rapidement j'ai compris qu'il n'était pas comme les autres, qu'il avait quelque chose en plus. Il a commencé à me parler, ce que les autres ne faisaient pas, attendant de moi une réponse que je ne pouvais lui donner, ne sachant comment m'y prendre. Il a préféré alors me déifier. C'était peut-être une agréable marque de respect, mais je désirais plus de sa part. Alors, le temps passant, il a commencé à me toucher. Chaque mouvement de sa part n'était plus effleurement mais caresse, et je sentais en moi une chaleur qui bien que faible allait croissant. Si ses caresses au début étaient plus des tâtonnements aveugles qu'autre chose, je sentais bien qu'il analysait tous les reliefs de mon corps pour mieux me sentir. Ses caresses, bien qu'extérieures au début, se firent plus intimes, et si mes soubresauts l'effrayèrent, ce ne fut que passager, car rapidement il synchronisa ses mouvements aux miens pour être de plus en plus en communion de corps.
Certaines de mes soeurs m'avaient déjà parlé de cette si fameuse première fois, si fameuse qu'il ne fallait même pas préciser de quoi il s'agissait. Mais parfois disait-elle, ce n'était que déception, cela faisait plus de mal que de bien, et la source impalpable qui produisait cette chaleur n'était en général tarie que trop rapidement, mais surtout, elle n'était tarie qu'avant qu'elle ne fasse réellement de l'effet. Que seule une frustration, bien que rapidement oubliée, n'en résultait. Car en général, s'ils étaient tendres et respectueux au début, rapidement ils ne pensaient plus qu'à eux et perdaient toutes contenances.
Orgueilleuse, je pensais que ce n'était pas mon cas, car nos énergies se développaient rapidement en parallèles. Il n'était pas question de donner ou de recevoir, tout était échange. Une harmonie, qui n'était plus naissante mais déjà adulte, nous liait plus réellement que tout contact physique. Je sentis alors, en même temps qu'une peur, un léger décalage entre lui et moi, décalage qui se faisait comme ma peur grandissant. Ses gestes, de maladroits à caressants, devenaient désordonnés. Je ne sentais plus sur mon corps que pression et brûlure à la place de caresse et sensation. J'ai alors fermé mon esprit et abandonné mon corps à cet être que déjà je n'aimais plus, et qui continuait à s'exciter sans raison, ou plus exactement, sans émotion. Tout d'un coup, une chaleur m'a submergé mais ce n'était pas la mienne, ce n'était que son fluide qu'il n'avait pas su canaliser convenablement pour me satisfaire et qui, tout en se refroidissant, se répandait sur mon corps. Lui s'effondra sur moi, comme agonisant; et je voyais sur lui un sourire déceptif, mais surtout dans ses yeux, je voyais une arrogance qui me démontrait qu'avec lui cela n'aurait pu se passer autrement.
Je l'ai donc rejeté, et j'attends depuis lors qu'un autre arrive. Mais toujours d'après mes soeurs, il se peut que je doive encore en connaître quelques-uns avant de trouver celui qui m'aimera réellement.
La vie existe donc sur tout support, qu'il soit énergétique, minéral, organique ou autre. Leur différence principale est l'ensemble des durées pour développer des concepts. L'exemple type est le développement d'une planète, qui mettant énormément de temps pour aboutir à ses désirs, développe en général une vie organique dont les grandeurs physiques, délais, durées, etc... sont en général un millionième plus faible. Cette vie organique se divise en différentes espèces qui elles-mêmes se divisent en races. Une de ces races acquerra, en général, une intelligence qui lui permettra de vivre en harmonie avec sa planète nourricière.
MAIS. Mais ne connaissant pas ses origines, ni le pourquoi de la vie, cette race s'autodétruira à l'aide d'arme nucléaire, de pollution ou d'autres phénomènes de cette dimension. Cette autodestruction ramènera la vie organique au plus bas. Il faudra donc, comme dans le cas que nous venons d'analyser, c'est à dire Terra, troisième planète du système Sol, une ou plusieurs sortes de nouvelles gestations de plusieurs dizaines de millions de révolutions pour qu'une nouvelle race intelligente apparaisse, et se basant sur les restes existants des précédentes, ne fasse pas les mêmes erreurs.