Solitude

Seul, je me promenais sous la pluie; seul, j'étais entouré de milliers, millions ? de gouttes de pluie, qui par l'éclairage des réverbères, ressemblaient plus à des milliers, millions ? d'âmes qui m'entouraient et, ou ?, me négligeaient.

Seul je suis rentré dans un café, et, deux heures plus tard, seul je suis sorti d'un café, le même. Le même café et moi-même.

Seul, je me promenais sous la pluie, seul, j'étais entouré de milliers, millions ? de gouttes de pluie qui par l'éclairage des réverbères, ressemblaient plus à des milliers, millions ? d'âmes qui m'entouraient et, ou ?, me négligeaient.

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Ce genre de soirées, je ne les compte plus. Un rapide calcul les dénombre à plusieurs centaines, peut-être plusieurs milliers. Les autres soirées, je les passe chez moi, à regarder la retebe, je les passe à écouter grand-mère, maillon fêlé qui, seul, me relie encore à ma famille; famille que je ne vois plus qu'à l'occasion de maillon brisé.

Il y a bien le travail, le boulot, le job, l'endroit qui, sous excuse d'argent, sert à obliger les gens à se voir. Le but final étant qu'à force de se voir, ils se regardent, et qu'à force de se côtoyer, ils se touchent les côtes. Je me suis toujours limité à voir.

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Alors, j'en ai eu marre, je me suis dit que cela ne pouvait plus durer. Oh !, cela ne s'est pas passé en un jour, ni même en un mois, mais ce n'est pas la durée qui importe. J'ai fini par comprendre que nous n'étions pas dans une société d'assisté, qu'il fallait en partie se débrouiller soi-même, qu'il ne fallait pas obligatoirement attendre l'autre, mais faire ce que l'on attendait de l'autre, Agir.

Et j'ai agi.

Et j'ai vu sur les murs du métro, des affiches de club pour célibataires, j'ai ouvert le bottin, j'ai trouvé différentes adresses, j'ai écris, j'ai donné différents coups de téléphones, j'ai...

Je suis parvenu à rentrer dans un milieu de solitaires. Et de solitairEs. En six mois, j'ai connu tous les endroits où l'on pouvait rencontrer quelqu'un de notre race, race stérile de solitaire. Ainsi que "les tables de discussions", table en général dans un parc, auquel on s'assied pour discuter, et non pour se reposer.

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Et naturellement, c'est là que je l'ai rencontrée. L'âme soeur, l'âme soeur que tout le monde recherche. On s'est vu une dizaine de fois à cet endroit, puis à une cafétéria, puis à un resto. Un soir, elle m'a proposé de passer la nuit chez elle. Sur le chemin, je sentais que nos deux singuliers devenaient pluriels.

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Après dix minutes de marche, nous entrons dans son appart. Elle me regarde, bizarrement, hésitant entre deux attitudes, puis, me dit :

Reste dans le salon, j'arrive.

avec un air embêté, comme si elle m'avait caché quelque chose. J'attend, et à travers la porte, j'entends des gémissements, comme si quelqu'un se réveillait, puis j'entends sa voix.

Chut ! Pas de bruit, sois sage, va, va !

Et je comprend, elle n'était pas réellement de ma race, de ma race de solitaire, elle vivait avec quelqu'un, quelqu'un qu'elle devait voir de temps à autre. Je réalise rapidement qu'il doit avoir la clé, puisqu'elle ne s'attendait pas vraiment à le voir. Je me retrouve donc trompé alors que je la connaît à peine. Et pourtant je ne veux pas la perdre. Alors, des larmes coulent de mes yeux, devant tant de conflits et ... La porte s'ouvre. Elle est la, souriante, puis voyant ma tête, perplexe.

Je parviens à marmonner :

C'est,... c'est qui ?

entre deux sanglots. Et elle, désemparée, répond sans comprendre :

Milong, mon chien, il va revenir.

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